SERAFINI F., Un cardiologue rencontre Jésus : les miracles eucharistiques à l’épreuve de la science.

 


Franco SERAFINI, Un cardiologue rencontre Jésus : les miracles eucharistiques à l’épreuve de la science, Artège, 2025, 297 p., 22,00 €.
 
Écrit de manière alerte et de plus en plus caustique au fil des pages – l’auteur ne manque pas d’humour –, l’ouvrage demeure cependant assez hermétique au vulgum pecus. Je pensais que cet ouvrage, publié chez Artège, s’inscrivait dans le sillon ouvert par La passion de notre seigneur Jésus-Christ selon le chirurgien, du Dr Pierre Barbet (1950 – nombreuses rééditions depuis). Mais non, c’est trop technique. C’est comme si le Dr Serafini n’avait pas tranché : ses lecteurs sont-ils des médecins ou bien M. Tout-le-Monde ? On est entre les deux. Ainsi, seul un médecin doté de compétences universitaires en matière de cardiologie et d’analyses ADN serait en mesure de comprendre et de juger de la scientificité réelle de cet ouvrage. Néanmoins, on peut le parcourir assez facilement en apprenant une multitude d’informations.
 
Sur le fond, il apparaît, comme on l’a vu dans le livre de Saint Carlo ACUTIS, Marie et Jean-Baptiste MAILLARD, Les miracles eucharistiques dans le monde, Perpignan-Paris, Artège, 2026, qu’il y a une réalité des miracles eucharistiques qui interroge la science, et même lui résiste.

L’auteur s’intéresse ici à toutes les études réalisées sur les miracles de Lanciano (VIIIe siècle), Buenos Aires (1992-1994-1996), Tixla (2006), Sokolka (2008) et Legnica (2013), ainsi qu’aux « reliques de la Passion » que sont le Suaire de Turin, le Voile d’Oviedo et la Tunique d’Argenteuil. À chaque chapitre est associée une bibliographie scientifique, preuve du sérieux de l’auteur. Il invite lui-même à lui faire part d’éventuelles difficultés.
 
On ne peut douter, au fil des pages qu’il « se passe quelque chose » dans le pain eucharistique consacré, et que cela peut apparaître visiblement si nécessaire, selon la grâce de Dieu. Il est bon, à ce propos de lire attentivement la mise au point théologique du fr. Ricardo Barile, o.p. inséré en Préface. Il rappelle qu’il y a une distance entre les « accidents miraculeux de la chair et du sang » et « le vrai corps et le vrai sang du Christ présents dans le sacrement [qui] ne peuvent être appréhendés par les sens, mais par la foi seule, qui est fondée sur l’autorité divine » (THOMAS D'AQUIN, Somme de théologie, IIIa Pars, q. 76, a. 8) Cela est de nature à rassurer les inquiétudes quant aux analyses qui sont faites des Hosties ou des reliques, et au respect dû à Notre-Seigneur lui-même.
 
On ne peut douter, au fil des pages également, que la recherche scientifique s’apparente davantage à une aventure digne de celles d’Indiana Jones qu’à une stricte démonstration mathématique : le positivisme est décidément un rêve théorique. On s’aperçoit qu’en réalité, les conditions de conservation et d’examen sont variables, plus ou moins complètes selon les lieux et les temps, que mille et un obstacles idéologiques peuvent survenir, même en Pologne catholique. Le diable n’est jamais bien loin du Bon Dieu. Ici, l’auteur essaie de rationaliser ses connaissances, d’en tirer quelques conclusions utiles, mais il demeure interdit devant telle hypothèse, ou tel secret volontairement conservé (sur l’ADN notamment).
 
Finalement, cet ouvrage complète heureusement celui de Saint Carlo Acutis, Marie et Jean-Baptiste Maillard et permet au chrétien ordinaire d’être correctement informé sur les miracles eucharistiques, dont on ne peut pas douter de la réalité.